Santorini, extrait 2, Akrotiri

EXTRAITS


 

A K R O T Í R Í
Priam

Une flèche brisée a pénétré mon côté droit. La blessure ne saigne pas abondamment mais je commence à percevoir les premières douleurs, nous dit Priam. À chaque respiration je ressens le corps étranger me couper le souffle. Deux gardiens m’emmènent dans une pièce que je qualifierais d’infirmerie de fortune. Je suis allongé sur une table haute, deux jeunes capsarior (infirmiers) entrent avec des seaux d’eau tiède et des chiffons tachés de sang à peine coagulé. Le medicus (médecin) me met un bâton dans la bouche puis retire sans ménagement la pointe cassée d’une lame. Je perds connaissance.

Quelques heures se sont écoulées, il fait à peine jour, le cornicen (trompettiste régimentaire) sonne. Cette fois, il annonce le branle-bas de combat, l’invasion. Je suis encore dans un état à demi-conscient, il m’est pénible de bouger, encore moins de combattre, je me dis que mon heure est arrivée alors que je viens de survivre à un combat et que je vais passer de vie à trépas ici. Les combats font rage dans les quartiers adjacents, j’entends distinctement les hurlements de mes compagnons rendre leur dernier souffle et les voix d’agresseurs parlant notre langue.

Tant bien que mal j’arrive jusqu’au couloir en boitant, tenant d’une main un chiffon sur ma plaie, de l’autre une épée trouvée dans son fourreau à côté de la porte. Les infirmiers ont pris les armes pour défendre notre position. Les assaillants sont entrés dans la cité par le secteur Ạ (Alpha) et son « passage temporel », ont investi la loge des portiers, sont passés devant la maison des dames, notre cantine régimentaire, et le poste de commandement évacué. Ils assiègent nos quartiers, le complexe ∆ (Delta), depuis une bonne heure.

Quelques Amazones ont pénétré par une fenêtre pourtant au préalable barricadé. La porte centrale située face à la maison ouest, notre poste de commandement, est fortement gardée par des camarades. Notre complexe est le cœur de l’ancienne ville, un immense dédale de maisons aux murs de roches volcaniques non blanchis imbriquées les unes dans les autres.

Les attaquants progressent rapidement. Nos hommes sont pourtant braves, certains sont des militaires de carrière venus du continent, d’autres des recrues issues des dernières sélections, mais ils périssent ou tombent inanimés devant leurs armes diaboliques. Leur chef est un apothicaire, il lance des fioles de gaz incapacitant qui nous endorment. Ça n’est pas une guerre conventionnelle.

cc6c27853203b8389a248bbfe40cf320 carte du site Akrotiri Santorini

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