20. L’union (extrait)

Amazone en charme(…)

Priam, Marcus et Léonidas franchissent l’entrée de la tente militaire au moment de l’annonce.
— Oui c’est vrai, ils ont fait des expériences sur nous et ELLES avalent notre semence ces barbares pour se fortifier, je comprends pourquoi ils ne veulent pas de sexe maintenant ! Il reste environ 30 hommes de notre contingent congelés !
Les militaires font une moue de dégoût puis d’étonnement.
— Peut-on réveiller nos hommes endormis ?
— Il y a un fort risque de mortalité. Il semblerait que le gel tue finalement les défenses de l’homme et accélère la maladie, la mort survient en quelques jours.
— Alors, laissons nos pères et nos frères en sommeil, et rengainez vos armes, annonce Calliope.
Aphrodite poursuit la retranscription graphique des moyens : armes, armées, Grecs, Amazones, barbares, navettes, rien ne manque.
— C’est très… réussi, ajoute Calliope.
Lucius s’approche et fixe le portrait du barbare.
— Je le reconnais, c’est le gladiateur Crassius !
Tiberius et Titus font un pas en arrière à l’annonce de son nom. C’est un ennemi redoutable, un meneur d’hommes, un esprit vif et persuasif. Il a donné bien du mal à Rome, à tel point qu’il a été envoyé aux galères. Leur durée de survie est de 5 ans maximum. Là, il m’a l’air bien vivant.
— Allons, Romains, ce n’est qu’un homme. Nous autres Grecs n’avons pas peur de lui, et puis vous avez vos armes à rayon de feu, non ?
Ces propos supposés remonter le moral des troupes ne persuadent pas ses amis. Priam, Marcus et Léonidas se remettent à peine de leur torture.
— Croyez-moi, il est bestial, surenchérit la marquise Julia. N’est-ce pas ? invective-t-elle les nobles en vie : Antigone, Clytia, Andromède et Diane.
Les jeunes femmes confirment de la tête.
— Allons, Romains, relevez la tête, trouvons son point faible. Faites décoller vos oiseaux de fer et lancez une reconnaissance aérienne. Nous en ferons autant deux fois par jour pour affirmer notre détermination. Emportez donc ces projectiles explosifs avec vous, exécution.
Lucius est aux anges, il fait un signe de respect en se tapant du poing le poitrail, comme le font les romains en se tournant vers ses hommes, mais personne ne bouge.
— Je pense que notre reine s’adressait à nous, Tribun, répond Diane de Perissa, promue duchesse depuis la mort de la duchesse Alix de Emporio. Si vous voulez vous joindre à moi dans l’aéronef, vous êtes le bienvenu pour la reco.
Les hommes ont un fou rire, Lucius relève le défi :
— C’est entendu, je viens avec vous dans votre oiseau volant de malheur pour la, reco.
— Pas dans cette tenue, Tribun, il faut passer une combinaison plus adaptée pour le vol, votre casque à panache n’entrera pas, votre tête est déjà bien assez … et votre ferraille dans l’entre-deux jambes risque de dérégler les circuits électroniques, enfin ceux qui fonctionnent encore, tout comme les capteurs solaires, votre chi n’est pas au zénith non plus.
Il s’exécute sans rien dire et se met en subligaculum (caleçon romain).
— Enlevez donc tout cela aussi, poursuit-elle en lui remettant une combinaison moulante noire. Vous risquez d’exploser vos bourses par la pression de l’air, elles pourraient bien me servir au retour. Elles m’ont l’air bien charnues, quoique trop poilues à mon goût. Ça fait Cro-Magnon comme ça ! Va falloir jouer du ciseau si vous voulez la jouer « à l’ancienne » avec moi ce soir !
— Si j’ai bien compris, vous voulez voir mon … mon chi n’est pas au zénith ? Vous parlez de quoi ?
Lucius n’a rien compris à ces propos, Diane en a rajouté, à tel point que les femmes gloussent en le voyant nu. Il ne sait pas si ces avances sexuelles sont une nouvelle forme de langage ou si c’est un bizutage, cette noble femme de haut rang chasse sans détour l’homme.
Personne ne s’est pas retourné. Les romains ne sont pas pudiques, ils pratiquent les orgies. Néanmoins, le Tribun, plus haut officier supérieur avant le Général ne se laisse généralement pas commander par un officier de même rang d’une autre armée. Ses hommes le regardent enfiler cette peau, amusés. Leur chef est égal à lui-même, confiant et téméraire. Ils approuvent enfin son élégance d’un geste du pouce une fois habillé. Les femmes en font de même.
— Je vous propose un vol en formation avec deux ailiers, n’oubliez-pas le tonneau barriqué offensif pour commencer puis un yo-yo bas en direction du village. Si vous êtes accrochés par un missile sol-air, un ciseau, un yo-yo haut, mime la marquise Julia. C’est une manœuvre de routine, ne craignez rien, votre homme n’aura pas la nausée. Le projectile se perdra dans les airs, il ne monte pas à plus de mille pieds celui-là, la couche nuageuse nous protégera du radar Lifi inopérant.
À nouveau, la Cour se met à rire bruyamment. Lucius a suivi la description du looping « Je n’aurais pas dû me goinfrer au repas » se dit-il.

(…)